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Bitcoin 20 avril 2026·8 min

Fin du « bear market » ? Pourquoi j'en doute

Le marché baissier crypto est techniquement confirmé depuis que le Bitcoin est repassé sous sa moyenne mobile à 50 semaines. Voici pourquoi je doute d'un vrai retournement.

Fin du « bear market » ? Pourquoi j'en doute

De mon côté, j’ai pris le temps d’analyser en profondeur la situation actuelle sur les marchés, et de vous préparer ce rapport complet :

Le marché baissier crypto est techniquement confirmé depuis que le prix du Bitcoin est passé sous la moyenne mobile à 50 semaines (en bleu).

La chute du BTC dans la zone basse des 60k $ début février est venue confirmer ce scénario.

A ce moment précis, tous les vendeurs de rêve qui parlaient d’un “supercycle crypto” l’année dernière ont fait profil bas.

Nous voilà maintenant deux mois et demi plus tard.

Depuis ses points bas de début février, le BTC a rebondi de 20 %.

Et déjà, les mêmes vendeurs de rêve reviennent à la charge.

Cette fois, pour nous dire que “le point bas est derrière nous”.

Que “le cycle de 4 ans n’existe plus”.

Que “cette fois, c’est différent”.

Aujourd’hui, je vais tenter de répondre à une question simple :

Le rebond actuel marque-t-il réellement le début d’un nouveau marché haussier…

Ou bien est-ce simplement une étape classique dans un marché baissier encore inachevé ?

Pour répondre sérieusement à cette question, il faut sortir du bruit ambiant, de l’émotion et des opinions personnelles.

Il faut revenir aux données factuelles et à la mécanique du marché.

# Le cycle de 4 ans est une loi de la nature

La plupart des investisseurs crypto ont parfaitement conscience de l’existence du cycle de 4 ans.

Ils savent que le Bitcoin est réglé comme une horloge suisse :

“L’histoire ne se répète pas, elle rime”

Ils savent que le prix a tendance à atteindre un sommet l’année qui suit le halving.

Et ils savent aussi que les marchés baissiers crypto sont violents, et qu’ils durent souvent environ un an.

Mais connaître cette formule ne veut pas dire la comprendre.

Et c’est là, à mon sens, que beaucoup se trompent.

Une grande partie des investisseurs continue de traiter ce cycle comme une sorte de mythe.

Comme si le marché suivait une vieille habitude sans fondements, une “légende crypto” qu’on répète sans vraiment la décortiquer.

En réalité, ce cycle de 4 ans n’a rien de magique et repose sur une séquence bien claire.

Une séquence que l’on peut retrouver dans la finance traditionnelle :

Quand l’économie ralentit, les banques centrales et les gouvernements interviennent.

Les taux d’intérêts baissent, les conditions financières s'améliorent et l’argent recommence à circuler.

Les entreprises recommencent à emprunter, investir, embaucher et se développer.

Les consommateurs dépensent davantage.

L’activité économique repart (croissance, résultats, marché de l’emploi…).

Les cours de bourse repartent à la hausse.

À mesure que ce processus se met en place, le comportement des investisseurs suit lui aussi une trajectoire assez nette.

Les investisseurs passent :

du cash vers les actions,

des grandes capitalisations vers les petites capitalisations,

des marchés cotés vers le private equity et le capital-risque,

de la qualité vers le risque,

d’une exposition sans levier vers une exposition avec levier.

Voici à quoi ressemble un cycle de marché dans la finance traditionnelle.

Plus le cycle haussier progresse, plus les investisseurs deviennent confiants.

Au bout d’un moment, toute forme d’inquiétude disparaît.

La complaisance s’installe.

Les investisseurs pensent que rien ne peut arriver, et baissent leur garde.

C’est à ce moment-là que le marché entame sa prochaine purge.

# Les marchés crypto suivent exactement la même logique

Ce qui change, ce sont les indicateurs que l’on observe et la vitesse des mouvements.

En crypto, la séquence ressemble davantage à ceci :

Les conditions économiques s’améliorent.

La spéculation refait surface.

Les médias recommencent à parler du secteur crypto.

Cette couverture médiatique attire de nouveaux investisseurs.

Les prix montent, l’argent se déverse vers les altcoins, puis vers les projets les plus risqués.

Cela engendre encore plus de couverture médiatique, encore plus de spéculation, et accélère l’arrivée de nouveaux entrants.

L’effet de levier s’accumule.

Les investisseurs deviennent complaisants.

Puis les conditions financières se durcissent, le marché corrige, le levier saute, et un nouvel hiver crypto commence.

Là encore, ce n’est pas une “légende crypto”.

Depuis toujours, le marché suit une séquence propre, alimentée par les conditions financières, l’effet de levier et la psychologie des investisseurs.

Et cette séquence se nourrit d’elle-même… jusqu’au moment où les conditions financières se dégradent.

C’est donc avec cette grille de lecture que j’analyse la situation actuelle.

# Le VRAI état du marché (que les vendeurs de rêve ignorent)

La liquidité mondiale a atteint un pic

Je vous ai souvent parlé de la forte corrélation entre le Bitcoin et l’indice de la liquidité mondiale, qui représente la quantité d’argent dans le système financier.

La liquidité mondiale agit comme le moteur qui propulse le cours du Bitcoin.

Quand ce moteur accélère, le cours du Bitcoin s’envole.

Quand ce moteur ralentit, le cours du Bitcoin corrige fortement.

Sur le graphique suivant, on remarque que le Bitcoin a tendance à marquer un sommet avant que la liquidité mondiale ne se retourne à la baisse.

Donc si on considère que la liquidité mondiale a déjà atteint son pic pour ce cycle (ce que je pense), alors il faut s’attendre à une nouvelle baisse du prix du Bitcoin.

Les volumes d’achat spot restent très faibles

Quand un marché repart vraiment, cela se voit dans l’activité (volume et nombre de transactions en hausse).

Or ici, ce n’est pas le cas.

Au contraire, cela ressemble davantage à ce que l’on avait vu dans la première partie du marché baissier de 2022 :

Des volumes mous, une activité comprimée avant une capitulation finale.

Là encore, rien n’indique que nous avons atteint un point bas.

Les ETF Bitcoin stagnent

Du côté des ETF Bitcoin, aucun signe d’impulsion durable dans les flux d’achats :

Certes, les actifs sous gestion en BTC n’ont reculé que d’environ 5 % depuis les sommets d’octobre dernier.

C’est un signe que le marché ne panique pas.

Mais ce n’est pas un signal de reprise puissante.

Que nous dit l’indice de Peur et de Cupidité ?

L’indicateur de Fear & Greed a touché un point bas au début du mois de février.

Certains en ont immédiatement conclu que “le plus dur était derrière nous” et qu’à partir de là, le marché ne pouvait “que remonter”.

Je ne suis pas d’accord avec cette conclusion.

Pourquoi ? Parce qu’on a déjà vu exactement la même chose en 2022 :

Le pic de peur est intervenu avant que le Bitcoin ne vienne marquer son véritable point bas.

Un sentiment d’extrême peur ne suffit pas à valider un point bas durable à lui seul.

Historiquement, la peur culmine avant la vraie capitulation.

Quand le marché va-t-il atteindre le point bas du cycle ?

Début février, le Bitcoin est brièvement entré dans sa zone de “juste valeur”, aux alentours de 65k $.

Pour rappel, j’ai annoncé cet objectif en octobre alors que le BTC était à 115k $, et nous avons pu racheter une bonne partie de nos positions à 65k $ début février.

Alerte envoyée aux membres qui suivent mon portefeuille

Mais le prix n’est pas resté longtemps dans cette zone.

Il en est même ressorti presque immédiatement.

Historiquement, ce n’est pas comme cela que se construisent les vrais points bas dans un marché baissier.

Pourquoi ?

Parce qu’après plusieurs années de marché haussier, les investisseurs sont conditionnés à acheter chaque baisse.

Cela crée une inertie qui persiste longtemps pendant le marché baissier.

Elle ralentit la purge. Elle retarde l’acceptation du marché baissier.

Et c’est précisément ce que je pense voir aujourd’hui :

Une phase où l’inertie commence enfin à s’épuiser.

Si j’ai raison, alors une nouvelle jambe de baisse est probable.

Et si elle survient, je m’attendrais cette fois à un rebond plus faible, moins violent, moins convaincant.

Puis à quelque chose de beaucoup plus intéressant : le calme.

Un marché plus silencieux.

Un marché qui cesse de punir immédiatement les vendeurs et de récompenser mécaniquement les acheteurs.

Un marché dans lequel les investisseurs qui sont restés haussiers pendant toute la descente finissent enfin par accepter qu’ils sont bien dans un bear market.

Et comme souvent, c’est quand les derniers optimistes commencent à capituler que se créent les meilleures opportunités.

Bonus : les niveaux clés que je surveille pour repasser acheteur

85 000 à 87 000 dollars : moyenne mobile 200 jours + zone d’entrée de la plus grosse cohorte d’acheteurs au début du bear market

Si je me trompe sur le scénario d’une nouvelle baisse, alors je m’attends à voir ces niveaux être reconquis, puis tenus durant plusieurs semaines (scénario vert)

A ce moment-là, je changerai mon fusil d’épaule et repasserai à l’achat.

Mais à ce stade, ce n’est pas mon scénario central.

Les probabilités continuent, selon moi, de pointer vers une autre phase de baisse (scénario rouge).

Patience et prudence restent les mots d’ordres.

Je vous souhaite de bons investissements,

La lettre du mardi

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