Bulle IA : combien de temps avant l’explosion ?
Sur les 150 dernières années, le marché américain n'a jamais été aussi cher.

Sauf une fois. En mars 2000, juste avant que le NASDAQ ne perde 78 % lors de l’explosion de la bulle internet.
Et pourtant, autour de moi, presque personne ne s'inquiète. Tout le monde regarde ailleurs.
On me parle du prochain modèle d'OpenAI, des résultats de Nvidia ou des projets de datacenters sur la Lune.
Mais les ratios et les indicateurs que je surveille racontent une toute autre histoire…
Celle d’un marché de la tech’ qui se trouve en pleine bulle spéculative
Dans cet article, je vous propose de découvrir :
Le modèle qui prédit ce qui va se passer dans les 18 à 24 prochains mois
Les trois indicateurs qui m'ont convaincu de ce scénario
Ce que je fais avec mon propre argent pour traverser cette phase sans perdre la prochaine décennie
La femme qui prédit les bulles avant qu’elles n’éclatent
Reconnaissez-vous cette dame ?

Il s’agit de Carlota Perez, une économiste vénézuélienne née en 1939.
Elle a été citée par Jeff Bezos, a enseigné à Harvard, au MIT et à la London School of Economics.
Son travail est l'un des plus rigoureux jamais produits sur la mécanique des bulles spéculatives.
Pendant 40 ans, elle a étudié les 5 grandes révolutions technologiques qui ont structuré l'économie moderne depuis 250 ans :
La révolution industrielle (1771), le chemin de fer (1829), l'électricité (1875), le pétrole et l'automobile (1908), l'information et les télécoms (1971).

Et elle a découvert quelque chose de troublant.
Chacune de ces 5 révolutions a suivi exactement les mêmes 5 phases :
L’irruption : une technologie de rupture apparaît
La frénésie : les capitaux affluent, le marché explose, l’euphorie s’installe
Le tournant : krach et reset brutal, le marché s’effondre mais la techno survit
La synergie : reconstruction sur des bases saines, la techno s’intègre partout
La maturité : productivité réelle, l'âge d'or. Là où les vrais fortunes se créent

Aucune exception, sur 250 ans d'histoire.
Son livre, Technological Revolutions and Financial Capital, est sorti pendant la bulle Internet qu'elle avait modélisée avant qu'elle n'éclate.
23 ans plus tard, le même scénario se déroule à nouveau. Mais cette fois, vous êtes prévenu.
Reste à savoir précisément où nous en sommes sur la fameuse courbe de Perez.

Et justement, plusieurs indicateurs ont retenu mon attention car ils convergent vers le scénario d’une surchauffe.
Les 3 signaux qui crient "frénésie"
Indicateur n°1 — Le marché américain n'a jamais été aussi cher (sauf une fois)
Ce n’est pas moi qui le dit, c'est le niveau actuel du Shiller PE Ratio :

Ce ratio compare le prix moyen des entreprises américaines avec leurs bénéfices.
À la différence du PE Ratio classique, il prend la moyenne lissée des bénéfices sur 10 ans, ajustée à l'inflation.

Ce ratio prédit les rendements long terme mieux que n'importe quel autre indicateur connu.
Historiquement, voici ce qu'a rapporté un investissement sur le S&P 500 selon le Shiller PE au moment de l'achat (en réel, après inflation) :
Acheté sous 17 → environ +8,5 % par an sur 10 ans
Acheté entre 17 et 25 → environ +5,5 % par an sur 10 ans
Acheté entre 25 et 35 → environ +2,8 % par an sur 10 ans
Acheté au-dessus de 35 → rendement nul sur la décennie suivante
Aujourd'hui, le Shiller PE américain est à 42 !
Cela s’est produit une seule autre fois dans l'histoire : en décembre 1999.
Sur les 10 années qui ont suivi ce sommet, l'indice S&P 500 a fait -3 % en réel. Une décennie perdue pour ceux qui ont acheté à ce moment.
Indicateur n°2 — La concentration du marché a atteint un niveau historique
Aujourd’hui, les 10 plus grandes entreprises IA pèsent à elles seules 40 % de la valeur du S&P 500 (qui regroupe les 500 plus grosses entreprises américaines).
Nvidia à elle seule pèse plus que le PIB du Japon (124 millions d’habitants quand même) !
Un tel niveau de concentration est arrivé seulement 5 fois dans l’histoire :
Les chemins de fer américains au XIXᵉ siècle : 63 % du marché boursier US
L’indice Nifty Fifty dans les années 70 : 40% du S&P500
Le Nikkei japonais à la fin des années 80 : 44 % du MSCI World
La tech & telecom américaine en 2000 : 41 % du S&P500
Comme vous pouvez le voir sur le graphique ci-dessous, à chaque fois un violent krach est venu purger les excès :

Car quand le marché craque, tout le monde sort en même temps des mêmes positions et la chute devient plus brutale qu'une chute "diversifiée".
Indicateur n°3 — Un rallye qui ne s'est produit que 8 fois en 55 ans
Depuis un mois, le NASDAQ a pris +26 % en ligne droite.
Une hausse aussi rapide ne s'est produite que 8 fois depuis 1971 :
1991 : fin de la récession aux US
1998 : début de la bulle internet
1999 : pic de la bulle internet
2000 : rebond en plein coeur du krach
2001 : fin du krach Internet
2009 : fin de la crise financière
2020 : fin de la crise Covid
2026 : aujourd'hui
Sur les 7 précédents cas, 5 se sont produits pendant un marché baissier, et 2 pendant la plus grande bulle spéculative de notre ère.
2026 n'est ni une sortie de récession ni un rebond post-krach : les indices boursiers sont sur leurs plus hauts et l'économie américaine tourne à plein régime.
Reste, dans la liste, un seul scénario plausible : la fin de bulle spéculative façon 1998-1999.
Mon plan pour traverser cette période
Personne ne peut prédire avec certitude si nous sommes en 1998, 1999 ou 2000.
La seule chose qui compte, c'est de savoir si votre portefeuille est prêt pour résister à un éclatement de la bulle, tout en captant une part de ce qui peut encore monter d'ici là.
C'est à quoi servent les trois mouvements suivants que j’applique sur mon portefeuille personnel :
Je réduis mon exposition
J’allège progressivement mes positions sur les actions tech’ qui ont énormément monté en 2024-2025.
Je ne vends pas tout, mais je prends des profits pour ne pas être contraint de vendre dans la panique au pire moment.
J’accumule du cash
Je n’ai jamais eu autant de cash qu’aujourd’hui, et je suis prêt à attendre le krach plusieurs mois avant de déployer ces munitions
Entre 2000 et 2009, le S&P 500 a fait 0 % de performance nominale. Une décennie complète sans gains pour ceux qui sont entrés en haut.
Sur la même période, certains investisseurs ont multiplié leur capital par 5 ou 10 en rachetant au creux en 2002, 2003, 2009.
Pour cela, il faut du cash disponible quand tout le monde panique.
Je prépare ma liste de course
C'est là que se joue la vraie performance des 10 prochaines années.
Pendant l’éclatement d’une bulle, tout baisse. Les bons élèves sont punis avec les mauvais.
L’action d’Amazon, par exemple, a perdu -93 % entre 2000 et 2002 malgré que l’entreprise soit restée en hypercroissance
Et ceux qui en ont racheté après l'effondrement ont fait fortune.
Car c'est à ce moment que s’ouvrent les meilleures opportunités.
Concrètement, mon approche consiste à :
Identifier les 3 à 5 acteurs structurellement indispensables
Définir des niveaux d'entrée cibles : -50 %, -70 %, -80 % par rapport au pic, selon le titre
Garder du cash prêt à être déployé pour quand le marché capitulera
Bien sûr, je peux me tromper.
Pour que ma thèse baissière soit invalidée, il faudrait :
Que les gains de productivité de l’IA se voient réellement dans les bénéfices des entreprises hors big tech d'ici 12 mois.
Que la hausse et la croissance se diffusent sur l'ensemble du S&P 500, pas juste sur quelques valeurs IA:
Enfin, gardez en tête que le marché peut encore grimper de 20 ou 30 % avant le retournement.
C'est même probable.
Mais le risque est trop important pour un potentiel de rendement trop faible à mon goût.
Je vous souhaite de bons investissements,


