Cette « action crypto » a chuté de 65 %… Est-ce une bonne nouvelle ?!
Circle (CRCL), seule vraie porte d'entrée en Bourse sur la révolution des stablecoins, a chuté de 65 %. Et si le marché se trompait de thèse ?

Depuis l’adoption du GENIUS Act l’an dernier — la loi américaine qui a enfin donné un cadre légal aux stablecoins —, le secteur est devenu l’une des opportunités de long terme les plus évidentes de tout l’écosystème crypto.
Pour rappel : un stablecoin est une cryptomonnaie conçue pour suivre la valeur d’une monnaie traditionnelle (euro, dollar, etc).
Le problème, c’est qu’en bourse, il n’existe presque aucun moyen direct de s’exposer à cette croissance.
L’entreprise Circle, l’émetteur du stablecoin USDC, est aujourd’hui la seule option.
Et son action, CRCL, a perdu plus de 65 % depuis ses plus hauts de l’an dernier.

Face à ce constat, la question que je me pose est la suivante :
Le marché a-t-il raison de traiter Circle comme un simple émetteur de stablecoin… ou est-il en train de passer à côté de l’infrastructure que l’entreprise construit en silence ?
Car derrière le rideau, Circle est en train de construire une véritable machine à cash.
Une machine à cash qui reverse 60 % de sa rente à Coinbase
Commençons par ce que le marché voit, et qui explique la sous performance depuis son introduction en Bourse.
Circle a généré 2,75 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 64 % sur un an, avec une croissance annuelle moyenne de 53 % sur trois ans.

Et 2026 tient le rythme : déjà 701 millions de dollars au deuxième trimestre.
D’où vient cet argent ? À 95 % d’une seule source : les intérêts sur ses réserves en dollars.
Le mécanisme est assez simple : chaque USDC en circulation est adossé à un dollar placé, pour l’essentiel, en bons du Trésor américain.
Circle encaisse les intérêts, et ne reverse rien aux détenteurs du stablecoin. Quand les taux montent, Circle gagne plus.
Sauf qu’il y a un problème. Et c’est lui que le marché regarde.
Au deuxième trimestre, Circle a reversé 324 millions de dollars à Coinbase, soit 48,6 % de ses revenus de réserve, au titre de leur accord de distribution.
Ajoutez 85 millions versés à Binance et aux autres partenaires : environ 60 % du chiffre d’affaires de réserve repart chez les distributeurs.
Résultat : une marge opérationnelle de 63,8 % sur le papier… qui tombe à 5 % une fois les coûts de distribution intégrés !
Vu comme ça, le dossier n’a rien d’excitant : une entreprise mono-produit, dépendante des taux d’intérêt, qui reverse l’essentiel de sa rente à ses distributeurs.
C’est exactement là que le marché s’arrête.
Et c’est précisément là qu’il commet, à mon sens, une erreur d’analyse.
Ces 60 % reversés : c’est le prix que Circle a accepté de payer pour installer sa monnaie partout.
ll s’agit donc d’une dépense d’acquisition, pas d’une faiblesse structurelle.
C’est la phase 1, qui consiste à acheter la distribution pour élargir sa base d’utilisateurs.
Ensuite viendra la phase 2 qui permettra de monétiser l’infrastructure bâtie par-dessus.
Nous sommes au tout début de la phase 2.
USDC : la base d’utilisateurs est déjà construite
L’USDC, c’est aujourd’hui 74,3 milliards de dollars en circulation, soit 24,7 % du marché mondial des stablecoins, derrière Tether (61 %) mais très loin devant tous les autres.

Le chiffre qui compte, pourtant, n’est pas la taille. C’est l’usage.
La vélocité de l’USDC a quasiment doublé en un an : chaque jour, l’équivalent de 40 % de tout le stock change de mains sur les blockchains.
Et 5,64 millions de wallets détiennent plus de 10 $ d’USDC, un chiffre en hausse de 27 % sur un an.

Et grâce à une technologie maison dont je vous reparle juste après, l’USDC existe sur 34 blockchains différentes.
La monnaie est déjà là. Partout. Utilisée chaque jour.
C’est aujourd’hui l’actif le plus interopérable de toute la crypto.
Les analystes anglophones appellent cela un « moat » : un avantage si solide qu’il devient très difficile pour les concurrents de rattraper l’entreprise, même en dépensant énormément d’argent.
La vraie question devient alors : que peut-on construire par-dessus pour monétiser cet avantage concurrentiel ?
CCTP et CPN : les rails que le marché ne valorise pas encore
Circle a bâti deux infrastructures au-dessus de l’USDC.
Les deux sont quasi invisibles dans les comptes actuels. Les deux affichent des croissances à deux et trois chiffres.
La première s’appelle CCTP. Dit simplement : il s’agit d’un pont qui permet de transférer très facilement des USDC d’un réseau blockchain à un autre (de Solana à Ethereum par exemple).
Les volumes ont atteint 2,73 milliards de dollars au deuxième trimestre, en hausse de 140 % sur un an.
Le service est aujourd’hui gratuit sur les transferts standards, Circle ne facture que les transferts accélérés.
Il s’agit donc d’un actif stratégique volontairement laissé en dehors du compte de résultat, monétisable le jour où Circle le décidera.
La seconde s’appelle CPN — Circle Payments Network.
C’est un réseau d’institutions financières vérifiées qui règlent leurs paiements internationaux en USDC.
L’analogie la plus juste : une alternative stablecoin à SWIFT, le réseau qui relie les banques du monde entier.
Un exemple concret. Une entreprise américaine doit payer un fournisseur mexicain :
Voici à quoi ressemble le circuit bancaire classique :
Banque américaine → banque(s) correspondante(s) → banque mexicaine → fournisseur.
Délai : 1 à 2 jours.
Via le Circle Payment Network :
Paiement en USDC → l’institution mexicaine convertit en pesos → fournisseur payé.
Règlement quasi instantané, à coût réduit.
Circle prélève 0,01 % au passage. C’est minuscule.
Mais au deuxième trimestre, le réseau comptait déjà 175 institutions financières enrôlées (+29 % en un trimestre), pour 14,7 milliards de dollars de volume annualisé (+77 % en un trimestre).

Le niveau actuel est anecdotique. La croissance, elle, est significative.
Arc : la dernière pièce du puzzle arrive le 16 septembre
Il manque un étage à l’édifice : la couche de règlement.
C’est le rôle d’Arc, la blockchain maison de Circle, conçue spécifiquement pour les paiements en stablecoins et la finance institutionnelle.
Le lancement du réseau principal est prévu le 16 septembre.
Et le tour de table du token ARC en dit long sur qui y croit :
222 millions de dollars levés au premier trimestre, sur une valorisation de 3 milliards, auprès de a16z, BlackRock, Haun Ventures et Intercontinental Exchange (le propriétaire de la Bourse de New York).
Détail qui compte pour l’actionnaire : Circle conserve 25 % des tokens ARC.
La valeur créée par la chaîne remontera donc, mécaniquement, dans la capitalisation boursière de Circle.
Le réseau de test tourne déjà, avec une liste de participants qui ressemble à un annuaire de Wall Street : Goldman Sachs, HSBC, Deutsche Bank, Visa, Mastercard… aux côtés d’entreprises crypto comme Aave, Uniswap et Chainlink.
Résultat au deuxième trimestre : 292 000 comptes actifs par jour et 2,6 millions de transactions quotidiennes.
Et tout cela, avant même le lancement officiel.
Récapitulons.
Circle possède désormais quatre actifs à forte valeur ajoutée pour surfer pleinement sur la vague de croissance des stablecoins des 5 à 10 prochaines années :
L’USDC = la monnaie.
CCTP = le pont qui permet de déplacer la monnaie entre les blockchains.
CPN = le réseau qui déplace la monnaie entre les institutions et les pays.
Arc = la couche de règlement, et l’infrastructure ouverte aux applications tierces.
L’anomalie de valorisation : le marché ne paie qu’un seul des quatre actifs
Passons à la valorisation.
Circle se traite à 6,2 fois son chiffre d’affaires. C’est le ratio entre la capitalisation boursière divisée et le chiffre d’affaires annualisé.
A titre de comparaison :
Coinbase : 6,6 fois.
Robinhood : 17,8 fois.
À mon sens, valoriser Circle avec un simple multiple sur ses revenus de réserve est la mauvaise méthode.
La bonne lecture est une somme des parties : l’avantage concurrentiel de l’USDC, plus trois infrastructures en construction que le compte de résultat ne reflète pas encore.
Trois risques sérieux, et ma condition pour sortir
Comme toujours, je souhaite être transparent sur les risques liés à cette opportunité.
1. La concurrence s’organise.
Tether écrase toujours les marchés émergents et prépare peut-être son entrée en bourse.
Un consortium de fintechs puissantes (Open USD) tente de répliquer exactement ce que CPN construit.
Et des blockchains dédiées aux stablecoins, comme Tempo (Stripe) ou Plasma (Tether), arrivent avec une distribution déjà intégrée.
2. Les taux d’intérêt.
Le modèle actuel de Circle a besoin de taux élevés.
Je pense que les taux sont dans une tendance structurellement haussière, mais rien n’empêche des périodes prolongées de baisse qui amputeraient directement la vache à lait du groupe.
3. L’exécution.
Pour gagner, Circle doit transformer sa liquidité en effet de réseau : paiements, e-commerce, transferts internationaux, conversion de devises.
C’est d’autant plus vital qu’à terme, les émetteurs de stablecoins devront probablement partager leur rendement avec les détenteurs.
Le jour où la rente de réserve s’érode, l’infrastructure sera la seule chose qui compte.
Ma condition d’invalidation est donc claire : je changerai d’avis si, dans les trimestres qui suivent le lancement d’Arc, les volumes de CPN et de CCTP cessent d’accélérer, ou si l’USDC commence à perdre des parts de marché face à Tether et aux nouveaux entrants.
Cette opportunité repose entièrement sur l’adoption de l’infrastructure.
Si elle ne se matérialise pas, je sortirai.
Ma stratégie d’investissement expliquée
CRCL fait partie des investissements que je surveille en ce moment.
Voici exactement pourquoi.
1. Le seul pure play coté sur les stablecoins.
Depuis le GENIUS Act, c’est l’un des segments les plus évidents de toute la crypto sur le plan réglementaire.
Et il n’existe quasiment qu’un seul ticket d’entrée en bourse : CRCL.
2. Un moat de liquidité déjà construit.
74,3 milliards de dollars d’USDC répartis sur 34 blockchains, numéro 2 mondial, vélocité doublée en un an. La monnaie est installée.
3. Trois infrastructures que le marché valorise à zéro.
CPN en croissance de 77 % en un seul trimestre, CCTP à +140 % sur un an, et Arc qui se lance le 16 septembre avec BlackRock, Visa et Goldman Sachs déjà à bord du réseau de test.
4. Une anomalie de valorisation.
6,2 fois le chiffre d’affaires : moins cher que Coinbase, près de trois fois moins cher que Robinhood.
Au prix actuel, vous payez l’émetteur de stablecoin et l’infrastructure est offerte.
5. Un point d’entrée technique favorable.
L’action a corrigé de 65 % depuis ses plus hauts et se traite juste au-dessus de la zone de juste valeur que j’estime.
Ce n’est pas un pari sur l’USDC. C’est un pari sur le fait que les dollars numériques auront besoin de rails pour circuler entre les blockchains, entre les institutions, entre les pays.
Et que le marché finira par regarder les fondamentaux de l’entreprise qui est en train de poser ces rails.
Je vous souhaite de bons investissements,


